Faites des mères !


• Et si moi je n’ai pas envie de fêter les mères, en l’occurence la mienne ? Je suis une mauvaise fille ? Une petite ingrate ? Je suis myope du coeur ? Katia aurait ajouté « vous êtes myopes des yeux, myopes du cul », mais je crains que ce soit hors contexte dans le sujet qui nous intéresse présentement. Donc, je risque d’être punie par où je pèche si je dis pas « bonne fête maman » ?!

Hier c’était partout, sur toutes les pages des réseaux sociaux, sur tous les écrans, et ça m’a donné envie de pleurer parce que malgré mon coeur vide de mère, ce n’est pas forcément facile d’assumer de ne pas avoir envie de dire « bonne fête maman ». Non seulement ce n’est pas facile, mais c’est douloureux, parce que je sais que Elle, petite mère qu’elle est devenue maintenant avec les quelques parpaings que la vie lui a renvoyé dans la gueule, (entre nous, elle a largement contribué à la fourniture des parpaings) elle attend mon appel, parce qu’elle n’a sans doute pas la mesure du cataclysme qui est en nous, ses enfants, de la faille béante, rouge très vif certains jours. Elle ne sait pas la distance qui existe entre nous, ses enfants, à cause d’Elle.

Alors… Alors je l’ai appelé à 14 h. En résumé, avant j’ai pleuré, après j’ai pleuré parce qu’il ne faut pas se mentir, c’est douloureux de ne pas savoir si l’on aime sa mère, ou de savoir au fond de soi…

Et puis j’ai eu peu jalousé aussi tous ces messages de bonheur partout. Je me suis souvenue… du pantin articulé que j’avais fait, du coeur en carton recouvert de coquillages et de grains de café avec un poème que j’avais appris par coeur, mais dont j’oubliais la moitié des phrases, peut-être parce qu’il disait « maman je t’aime », j’étais petite je crois que je ne me souviens plus… J’ai pleuré parce que je me suis souvenue avec quelle effervescence j’étais heureuse d’aller lui acheter un cadeau. J’ai pleuré parce que je me suis souvenue de l’argent que mon père me donnait pour lui acheter ledit cadeau et qu’au fond de moi, je me disais « ça va l’agacer que Papa participe à son cadeau et ça va nous pourrir le dimanche ». J’ai pleuré parce qu’au fond de moi mon père me faisait de la peine ce jour là, encore plus que les autres jours, parce que lui, il savait qu’il l’aimait.

Je suis restée très exactement 7 minutes en ligne pour lui dire « bonne fête maman. Oui ça va maman. Oui ici aussi il fait beau. Oui oui oui ». Que des oui pour parler le moins possible. Je ne la voulais pas cette relation avec toi et c’est sans retour. Il n’y a plus rien à sauver. Je peux rester 3 mois 1/2 sans t’appeler, je peux oublier d’aller te voir et c’est une drôle de sensation de se rendre dans la ville où tu vis, de me dire à l’avance « tiens je vais aller la voir » et de repartir en me disant « merde, j’ai oublié d’aller voir ma mère »

Rigolez rigolons fanfaronnons, mais ce n’est pas si drôle que ça en fait, d’oublier d’aller voir sa mère…

Une des phrases favorites de ma mère à mon égard était « Toi je t’ai faite pour moi », et je vous assure que contrairement aux apparences, ça n’a rien d’un message d’amour lorsqu’il faut vivre avec ça !

Bah moi aujourd’hui, le lendemain de la #fêtedesmèresquejavaispasenviedefêter, j’ai envie de répondre « Faites des mères, elles vous le rendront bien ! » •

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