Plonger...
• Retour sur tes traces. Là où tu as été conçu, là où tu es né, là où tu as marché, là où tu as rêvé, peut-être.
J’ai plongé, coeur en tête, tête en avant, plouf !
Je t’ai vu, assis là à cette table de café après une partie de boule bretonne, là-bas où le temps semble s’être arrêté. Je t’ai vu enfant, je t’ai vu homme, je t’ai imaginé séducteur, je t’ai imaginé protecteur, je t’ai imaginé père. J’ai jalousé tous ces moments vécus sans moi, ces moments irrécupérables.
J’ai senti ton coeur battre dans mon coeur. J’ai serré mes mains l’une dans l’autre pour imaginer ce que ça aurait pu faire si ta main de père avait serré ma main d’enfant. J’ai vu ton sourire, celui dans lequel je me réfugiais en attendant que l’on me dise la vérité. J’ai entendu tes mots, avec ton phrasé ondulant, celui même de ton fils, lui qui me répare, qui m’accompagne dans ma nouvelle vie.
Je suis retournée chercher mon coeur d’enfant, pour l’aider à reprendre un rythme régulier, pour prendre soin de lui. Faut dire qu’il a morflé quand même, l’attente l’a épuisé, tellement que par moment il aurait préféré fermer une bonne fois pour toute son clapet pour que tout s’arrête.
Trois jours dans ta vie de 90 ans, trois jours durant lesquels toute ma vie a défilé, trois jours avec ton fils, mon frère bienveillant, mon grand frère, celui qui tout naturellement a pris le bon chemin de ma vie, celui qui est évident. On a ri, on a parlé, de toi, de toi et moi, de vous, on a parlé de l’essentiel.
Pas de demi entre nous, on est entier ! Frère et soeur entiers ! Les demis ça n’existe pas chez nous. Si l’on est demi, qu’est-ce que l’on choisi de sacrifier dans ce cas ? Qu’est-ce que l’on privilégie? En tout cas moi je suis entièrement ta fille, tout comme je suis entièrement la fille aussi de mon autre père, celui qui ne m’a pas laissé sur le bord de la route, qui m’a aimé coûte que coûte, avec toute la douleur que cela lui a très probablement imposé.
Voilà, j’ai plongé dans ta vie et merde, j’en bave quand même de tout ce qui ne peut pas se rattraper, de tout ce qui est perdu, mais je vis pleinement parce que je te sais là désormais.
Et dis toi bien une chose, mais une très grande chose, j’ai tout en mémoire, ton sourire, ton intonation, tes yeux qui rient, tes yeux qui font peur, tes regards, et j’y plonge, régulièrement…
Et sans demie-mesure…, je me la pète un peu maintenant, car j’ai marché là où tu as marché, j’ai respiré là où tu as respiré, je me la ramène un peu dans les têtes à têtes avec moi-même, car maintenant je sais qui je suis, je sais mes racines sur ces terres celtes si chères à mon coeur depuis toujours.
J’ai plongé dans ta vie et c’était bon… •



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